Patrimoine

Au grès d’une balade à pied ou à vélo, le village de Noé se dévoile, riche d’un patrimoine architectural et naturel de plusieurs siècles.

Les monuments et lieux incontournables :

L’église Saint-Martin (rue de l’église) - XIIe ou XIIIe siècles

L’église conserve de la période romane un chevet avec une ouverture percée dans le contrefort, ainsi que quelques chapiteaux sculptés au niveau des piliers de la nef.

Celui-ci présent un tailloir à rinceaux, une corbeille ornée de deux animaux à gueule léonine, quatre serpents et un personnage aux mains jointes dans la partie médiane.

D’autres éléments de décoration sont inspirés du style de cette époque mais datent en fait du XIXe siècle.

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Le château (rue de l’église) - XIIIe, XIVe et XVIIIe siècles

Du château primitif subsiste une grande bâtisse rectangulaire s’élevant sur trois étages, sorte de tour trapue et massive. Demeure seigneuriale des Noé du XIe siècle à 1680, elle est accolée à l’église, avec laquelle est communique directement avant le XIXe siècle.

De 1680 à 1806, elle appartient à la famille de Chaubard, puis aux Leconte. Elle devient ensuite la propriété de Germain Théodore Abolin, membre du conseil des Cinq-Cents. Son fils Jean Bernard la conserve jusqu’en 1873, date à laquelle elle est rachetée par la municipalité pour être transformée en presbytère.

La Maison Pardailhan (route de Toulouse) - 1573

Brique et crépi. Cette maison possède un portail d’entrée montrant un décor de pilastres engagés, associés à des chapiteaux ioniques et des motifs à enroulement en brique.

Son nom fait référence à Marguerite de Pardaillan, qui épouse Guéraud de Noé le 11 juin 1574, ou à une dame Dedodesca de Bosse de Pardaillan, dont l’existence est mentionnée dans un livre-terrier du XVIIe siècle. La maison Pardaillan a gardé sa distribution intérieure initiale, ainsi que ses cheminées monumentales.

Celle qui est située à l’étage possède une hotte aux multiples motifs décoratifs et figures géométrique. Une tête orne la clef de l’arc déprimé du chambranle, tandis que deux autres de petite dimension font saillie dans l’axe central et rappellent une quatrième, énigmatique, visible sur la façade extérieure.

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Le château de Capele (route de Toulouse) - Seconde moitié du XIXe siècle

Architecte : August Delort. Brique et pierre. Raymond Joseph de Capèle, né en 1811 et mort en 1874, acquiert un important domaine terrier sur lequel il fait construire ce château. Il est édifié en deux temps par l’architecte de la ville de Toulouse, auteur de l’église Saint-Aubin. La dernière partie date de 1895. L’ensemble composite est inspiré par plusieurs styles, dont celui de la Renaissance toulousaine. Le résultat final montre cependant une certaine homogénéité.

Le nom des Capèle ou Capelle apparaît dans divers registres toulousains dès le début du XVIe siècle. En 1602, Philippe de Capèle exerce la fonction de capitoul, titre porté par les magistrats de Toulouse. Il est également procureur au Sénéchal et à la Cour, conseiller et secrétaire d’audience du roi à la chancellerie de Toulouse. Il fait figure de fondateur d’une petite dynastie locale, qui détient la seigneurie d’Ox au début du XVIIe siècle jusqu’à la Révolution.

La Pyramide marquant la limite de la Guyenne et du Languedoc (route de Mauzac) – XVIIIe siècle

Pierre gréseuse. Borne classée au titre des monuments historiques en 2010. Identique à celles de Portet-sur-Garonne et Saint-Elix-Le-Château, cette borne est composée d’un socle surmonté d’un fût en forme d’obélisque.

A la fin de l’Ancien Régime, elle marque la séparation entre les provinces du Languedoc et de Guyenne. Déplacée par la suite , elle est appelée « la pyramide ».

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Un patrimoine lié à l’eau et la Garonne

L’eau est un élément naturel occupant une grande place dans le patrimoine Noémien. Il existe ainsi de nombreuses fontaines, lavoirs, sources rejoignant tôt ou tard la Garonne.

Les vestiges d’anciens moulins sont aussi visibles sur notre commune, tout comme d’un bac permettant de traverser la Garonne pour rejoindre la rive, côté Montaut.

Le camp d’internement

En 1937, deux camps composés de baraques en dur sont construits à Noé mais aussi à Portet-sur-Garonne, quartier Récébédou, pour loger les ouvriers de la Poudrerie à Toulouse. Ces deux sites sont distants d’environ 3kms des gares les plus proches, respectivement Longages-Noé et Portet-Saint-Simon.

En 1938, le gouvernement Daladier sous la 3e République et le mandat du président Albert Lebrun développe en France un réseau très développé de camps d’internement administratif pour enfermer des étrangers et autres « indésirables » (exilés allemands, autrichiens, italiens). Le camp de Noé, vidé de ses ouvriers, va intégrer ce réseau de camps de rétention administrative. Après la défaite des républicains lors de la guerre civile espagnole et la Retirada en février 1939, les camps d’internement sont utilisés pour « accueillir » ces dizaines de milliers de réfugiés. Mais les conditions de vie se dégradent très vite, la précarité et de dénuement des internés deviennent la règle. Avec l’entrée en guerre en septembre 1939 de la France contre l’Allemagne nazie et la mobilisation générale, le besoin de main d’œuvre dans les usines et les champs notamment va entraîner la réquisition des hommes internés et la création de GTE et/ou CTE (Groupement de Travailleurs Etrangers, Compagnie de Travailleurs Etrangers).

Alors que la France perd la guerre contre l’Allemagne nazie et que le régime de Vichy se met en place à l’été 1940, les camps de Noé et du Récébédou sont choisis pour accueillir une population d’internés âgés, malades et infirmes, ainsi que des familles (réfugiés espagnols, du nord de la France, belges, hollandais, etc.). Ce qui leur vaut le nom de « camps hôpitaux », ce qu’ils ne sont en aucun cas. Pour autant, ces deux camps participent aussi de la politique de répression des opposants politiques de l’Etat français. Une population extrêmement diverse se côtoient donc au camp de Noé.

A partir de l’été 1942, la participation du régime de Vichy aux arrestations, rafles et déportations à l’encontre des populations juives, étrangères ou françaises, s’intensifie. Les personnes juives arrêtées sont regroupées dans les camps d’internement avant d’être livrées en zone occupée aux autorités nazis. Ainsi les camps de Noé et du Récébédou deviennent les points de départ de la déportation de milliers de personnes en vue de leur extermination dans les camps en Pologne.

Pour en savoir plus, un ouvrage à lire : Le camp de Noé 1941-1947 d’Éric Malo.

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