Histoire et patrimoine

NOÉ

Canton d’Auterive

Arrondissement de Muret

Superficie : 963 ha

Population 2013 : 2849 hab.

Habitants : Les Noémiens / Noémiennes

Cours d’eau : la Garonne

Origine du nom : non élucidée

HISTORIQUE

Des fouilles archéologiques ont permis de découvrir l’existence d’un foyer de peuplement remontant au Vè ou VIè siècle suffisamment  important pour donner lieu à une activité religieuse et funéraire. La famille de Noé, qui possède la seigneurie, est  mentionnée pour la première fois dans le Carculaire de Lézat, à la suite d’une donation de terres à l’abbaye par Benoît, son fils David et sa femme Amaïlia. La lignée descendrait des comtes de Toulouse.  Au XIIe siècle, Roger de Noé est évêque de Comminges. Un autre Roger accorde en 1224 une charte des coutumes à la communauté, représentée par un consulat de plus en plus actif. En 1355, le prince de Galles, fils du roi Edouard, surnommé «  le Prince Noir » passe la Garonne à Noé au cours d’un raid punitif, et vandalise l’église. Faisant partie des stations possibles sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, la commune voit se construire en 1498 une chapelle dédiée au saint, ainsi qu’une confrérie du même nom. Les seigneurs de Noé qui ont des possessions multiples, au Fousseret ou à Ox notamment, s’installent à L’Isle de Noé (Gers) au XVIIe siècle et cèdent leur territoire à un conseiller au parlement de Toulouse, François de Chaubard, en 1680. Sa fille épouse un membre de la famille Lecomte, qui devient et reste propriétaire jusqu’à la Révolution. En 1814, les troupes anglaises de lord Wellington traversent Noé, ainsi que celles du maréchal Soult qui passe une nuit au château. A la fin du XIXe siècle, l’activité essentielle agricole repose su l’exploitation de 477 hectare de vignes, 212 de terres labourables et 83 de prairies artificielles. Lors de la Seconde Guerre mondiale, un camp d’internement est créé, réservé aux « apatrides et indésirables » selon la terminologie vichyssoise. En 1942, il reçoit vague de déportation voulue par Laval et Bousquet, qui provoque l’indignation Mgr Saliège. Il continue de servir de lieu de déportation  jusqu’en juillet 1944, puis est utilisé par le comité départemental de Libération pour la détention de collaborateurs. Dans les années 1960, le maire Jean-Baptiste Doumeng, communiste richissime surnommé «  le milliardaire rouge » connaît une célébrité dépassant les frontières locales.

FRAGMENT DE SARCOPHAGE

Xe  ou VIe siècle

Marbre de Saint-Béat (42×98 cm)

Église Saint Martin

Un fragment de sarcophage est mis au jour en 1817, lors de travaux de fondations entrepris pour la construction  de l’actuel  clocher. Il porte un chrisme formé d’un X et d’un P qui sont en grec les deux premières lettres de Christ. Quant à l’alpha et l’oméga, ils renvoient  à la parole même du seigneur dans l’Apocalypse de Saint-Jean, indiquant que Dieu est  l’origine et la fin de toutes choses.

Son style l’apparente à la période dite des « chrismes latinisés » caractérisés par une ouverture de la bouche supérieure du P. La découverte en 1982 d’une cuve funéraire sur le site même  conforte l’existence  d’une implantation  humaine à la fin de l’Antiquité.

CHAPITEAU

XIIe ou XIIIe  siècle

Pierre polychrome

Église Saint Martin

L’église conserve de la période romane un chevet avec une ouverture percée dans le contrefort, ainsi que quelques  chapiteaux sculptés au niveau des piliers de la nef. Celui-ci présent un tailloir à rinceaux, une corbeille  ornée de deux animaux à gueule léonine, quatre serpents et un personnage aux mains jointes dans la partie médiane. D’autres éléments de décoration sont inspirés du style de cette époque mais datent en fait du XIXe siècle.

SAINT-MARTIN

XVIIIe et fin du XIXe siècle

Bois polychrome (H. : 140cm)

Église Saint Martin

Saint-Martin est parfois représenté en officier romain partageant un manteau avec un pauvre.

Cette statue  la montre vêtu des habits liturgiques de l’évêque dans une attitude baroque d’adoration et de génuflexion. Cette dimension est atténuée lors de la restauration de l’œuvre, notamment par le travail effectué sur la polychromie.

APPUI DE COMMUNION ARMORIÉ

XVIIIe siècle

Fer forgé et tôle reponssée

Église Saint Martin

Au XVIe siècle, la famille de Viguerie possède des terres sur la commune et une maison à l’intérieur du fort. Elle est également présente à Montaut, où la métairie de Lissandre appartient à François de Viguerie, ainsi qu’a Capens, dont le château de Lacaze est mentionné comme propriété d’une dame de Viguerie  au début du XVIIe siècle. Située dans une chapelle latérale, cette grille de communion porte ses armes qui sont intégrées dans les ferronneries. Elle proviendrait d’une église détruite.

CHAIRE

XVIIIe siècle

Bois doré et polychrome

Église Saint Martin

Cette chaire fait partie d’un ensemble d’éléments du XVIIIe siècle qui participent à l’embellissement de l’église. De cette époque datent des statues en bois et terre cuites et un appui de communion aux motifs explicitement  Louis XV. Un ex dono sculpté, de 1778, et des stalles à miséricordes ouvragées de 1781 témoignent également de l’apport de cette période.

NOÉ

1880 Peintre : Engalieres

Fresque

Église Saint Martin

Le toponyme de la commune ne vient pas du patriarche biblique de l’ancien testament. Jusqu’au XIXe siècle, Noé n’apparait dans aucune  archive  ou représentation, et son culte se développe seulement  à la fin de cette période. Le peintre Engalieres donne corps à la légende en réalisant sur les murs du chevet une fresque qui le montre au moment où il retrouve la terre, après le déluge.

CHATEAU

XIIIe, XIVe et XVIIIe siècles

Calcaire et brique

Rue de l’église

Du château primitif subsiste une grande bâtisse rectangulaire s’élevant sur trois étages, sorte de tour trapue et massive. Demeure seigneuriale des Noé du XIe siècle à 1680, elle est accolée à l’église, avec laquelle est communique directement avant le XIXe siècle. De 1680 à 1806, elle appartient à la famille de Chaubard, puis aux Leconte. Elle devient  ensuite la propriété de Germain Théodore Abolin, membre du conseil  des Cinq-Cents. Son fils Jean Bernard la conserve jusqu’en 1873, date à laquelle elle est rachetée par la municipalité pour être transformée en presbytère.

ARMOIRIES

1411

Archives municipales, Toulouse

La simplicité des armoiries des Noé contribue à attester de l’ancienneté de cette maison seigneuriale du bas Comminges, qui pourrait remonter aux comtes de Toulouse. La reproduction tirée des annales capitulaires de Toulouse montre leur écusson losangé d’or et de gueules, placé à coté de celui  des Noé-Montaut. Au XIXe siecle , le blason de la famille est autorisé à figurer sur les panneaux  de la salle des croisades  du château de Versailles, où  il est encore visible.

MAISON DE PARDAILLAN

1573

Brique et hourdis

Route de Toulouse

Cette maison possède un portail d’entrée montrant un décor de pilastres engagés, associés à des chapiteaux ioniques et des motifs à enroulement  en brique. Son nom fait référence à Marguerite de Pardaillan, qui épouse Guéraud de Noé le 11 juin  1574, ou à une dame Dedodesca de Bosse de Pardaillan, dont l’existence est mentionnée dans un livre-terrier du XVIIe siècle.

CHEMINEE

1573

Brique et crépi

Maison Pardaillan

La maison Pardaillan a gardé sa distribution intérieure initiale, ainsi que ses cheminées monumentales. Celle qui est située à l’étage possède une hotte aux multiples motifs décoratifs et figures géométrique. Une tête orne la clef de l’arc déprimé du chambranle, tandis que deux autres de petite dimension font saillie dans l’axe central et rappellent une quatrième, énigmatique, visible sur la façade extérieure.

BORNE DE PROVINCE

XVIIIe  siècle

Pierre gréseuse

La pyramide

Identique à celles de Portet-sur-Garonne et Saint-Elix-Le-Château, cette borne est composée d’un socle surmonté d’un fût en forme d’obélisque. A la fin de l’Ancien Régime, elle marque la séparation entre les provinces du Languedoc et de Guyenne. Déplacée par la suite , elle est appelée « la pyramide » .

CHATEAU DE CAPELE

Seconde moitie du XIXe siècle

Architecte : August Delort

Brique et pierre

Route de Toulouse

Raymond Joseph de Capèle, né en 1811 et mort en 1874, acquiert un important domaine terrier sur lequel il fait construire ce château. Il est édifié en deux temps par l’architecte de la ville de Toulouse, auteur de l’église Saint-Aubin. La dernière partie date de 1895. L’ensemble composite est inspiré par plusieurs styles, dont celui de la Renaissance toulousaine. Le résultat final montre cependant une certaine homogénéité.

PHILIPPE DE CAPELE

1602

Huile sur toile

Château de Capèle

Le nom des Capèle ou Capelle apparaît dans divers registres toulousains dès le début du XVIe siècle. En 1602, Philippe de Capèle exerce la fonction de capitoul, titre porté par les magistrats de Toulouse. Il est également procureur au Sénéchal et à la Cour, conseiller et secrétaire d’audience du roi à la chancellerie de Toulouse. Il fait figure de fondateur d’une petite dynastie locale, qui détient la seigneurie d’Ox au début du XVIIe siècle jusqu’à la Révolution.

CHEMINEE

XIXe siècle

Brique et céramique

Château de Capèle

Cette cheminée fait partie des travaux d’embellissement du château entrepris par Joseph de Capèle, maître des lieux né en 1853 et mort en 1915. Sa réalisation est directement inspirée de la cheminée Renaissance toulousaines située dans la maison Pardaillan. Marié  en 1888 à Marie Anaïs de  Rabaudy, l’homme fait sculpter les armoires de sa famille et celles de son épouse à l’arc de chambranle. Les monogrammes entrelacés du C et du R sont intégrés dans des panneaux de faïence.

MONUMENTS AUX DEPORTES

1959

Peintre : Jacques Fauché

Ciment et granit

Cimetière juif

Route du cimetière

En 1959, le maire de la commune Jean Baptiste Doumeng passe commande au peintre Jacques Fauché d’une œuvre commémorative. Il est enjoint à l’artiste de faire figurer a part égales les symboles du martyr juif et de la résistance qui doivent être accompagnés d’un aphorisme de Blaise Pascal. La scène oppose ainsi les personnages qui souffre à celui qui se révolte. Le bas-relief monumental est édifié aux abords d’un camp qui sert de réservoir à la déportation des juifs au moment de la collaboration pétainiste et de l’occupation allemande.